2- Les panneaux ou V.U.


fichiers à télécharger

15 VU                transparent                                  inversé                                        RAL

21VU                 transparent                                  inversé                                        RAL
22VU                 transparent                                  inversé                                        RAL
25VU                 transparent                                  inversé                                        RAL
30VU                 transparent                                  inversé                                        RAL
40VU                 transparent                                  inversé                                        RAL
ADIRS               transparent                                  inversé                                        RAL
Engines Start  transparent                                  inversé                                        RAL
A la recherche du RAL 7011


Après avoir construit les blocs de menuiserie principaux, l’étape suivante va concerner les  panneaux de l’Overhead et du Pedestal, panneaux qu’on appelle des V.U. chez Airbus (pour Visual Unit).

 

La solution de loin la meilleure est l'achat de panneaux tout faits, chez Home Cockpits par exemple (autant acheter français ...) Le prix peut paraître élevé à première vue, mais on est assuré d'avoir des panneaux de finition parfaite, qui vont assurer leur service pendant toute la durée de vie du cockpit. C'est confortable, valorisant, on ne se lasse pas de les regarder, cliquer sur un bouton est très réaliste. Bref, j'estime que cela vaut largement l'investissement.

 

Mais, certains d'entre nous vont préférer faire leurs panneaux par eux-mêmes. Si vous disposez d'une fraiseuse CNC et que vous maîtrisez bien le dessin avec Autocad, c'est effectivement amusant de tout faire à la maison. Il faudra commencer par le dessin et pour cela s'inspirer des photos disponibles. Au début de mon A320, j'ai adopté une solution 100% manuelle, sans CNC,  tous les trous carrés des Korrys ont été découpés à la main et ajustés à la lime, je ne recommencerai pas ...  

 

Supposons que vous décidiez de tout faire à la main.

Vous allez découper du plexi selon les dimensions indiquées ci-dessous.

Une fois les panneaux découpés, on les posera par terre en maintenant un écartement de 2 mm entre eux, et les cotes mesurées nous donneront les dimensions du cadre métallique sur lequel ils seront fixés. Enfin, lorsque ce cadre sera fait, on pourra vérifier si les dimensions prévues de la menuiserie qui le supporte sont conformes aux plans, et éventuellement corriger de quelques millimètres. Agir dans cet ordre est moins risqué que de faire l’inverse et de se retrouver avec des panneaux plus petits ou plus grands que prévu. Quand tout sera bien mesuré, il sera possible de faire découper l'ensemble des planches de la menuiserie du cockpit.

 

La découpe.

 

Le "plexi" en fait du PMMA (Plexiglas ou Altuglas), du polycarbonate, du Lexan, ou plus communément du polystyrène, se coupe très bien à la scie circulaire à petites dents, ou à la scie sauteuse avec une lame fine, à la plus petite vitesse.

 

Dans les deux cas, on commence par coller une bande de Scotch de masquage à l’emplacement des traits de découpe, qui seront bien plus visibles tracés sur le Scotch plutôt qu'au feutre sur le plexi lui-même. Le Scotch ne gène en rien la découpe. On coupe bien entendu un peu plus large, ensuite on fixe solidement le panneau et on ponce soigneusement.  Pour finir, on prend un cutter et, en tenant la lame perpendiculairement à la tranche, on racle pour bien égaliser.

On en fait de même sur les angles des tranches pour les abattre. Cela doit crisser et dégager un joli copeau. Enfin, on ponce au papier de verre 500. Chaque panneau, ou VU, est identifié par un numéro écrit sur un morceau de Scotch de masquage.

 

La surface totale des VU de l’Overhead et du Pedestal est de 0,8 m², sans les MCDU. Comptez 1m² environ avec le Glareshield et les chutes.


dimensions des principaux VU

n° du VU
Nom du VU
Dimensions
Overhead
voir le chapitre Overhead
  mm




Blank ***
145x55

ADIRS
145x170
23VU
Left FLT CTRL
145x45
21VU
Left Wiper
145x348

Blank 2 ***
324x65

Fire
324x75
40VU
Hyd Fuel
324x130
35VU
Elec
324x103
30VU
Air Cond
324x103
25VU
Lights
324x138

Audio
145x85

RMP
145x85

Blank 3 ***
145x109
24VU
Right Wiper
145x292



Pedestal
voir le chapitre Pedestal
**

CPT MCDU
155x225

CPT RMP
155x85

CPT Audio
155x85

Throttles ****
222x369
111VU
Lighting
155x45

Radar
155x65

Speed Brakes
145x95
408VU
Trim + Pkg Brk
202x95

Cockpit door
145x45

Blank 1 ***
145x48
135VU
Switching ****
222x65

ECAM ****
222x75

FO MCDU
155X225

FO RMP
155X85

FO AUDIO
155X85
112VU
Flood Light
155x45

ATC
155x65

Engines Start
111x75
114VU
Flaps
145x95

Blank 2 ***
145x170

Gear
63x95

AutoBrake


Landing Gear


CPT EFIS
156x89

FO EFIS
156x89

FCU
263x89




* ce ne sont pas les noms officiels d'Airbus Industries

** dimensions OpenCockpits. En réalité 145 mm de large au lieu de 155

*** les panneaux "Blank" sans équipement peuvent être découpés dans du Médium

**** attention,ces panneaux doivent être réduits à 202 mm en cas d'utilisation de MCDU OpenCockpits.

 

 

Lorsque tout est découpé, il ne reste plus qu’à poser le tout par terre, espacé de 2 mm, mesurer et ajouter 2 mm sur tout le pourtour, ce qui donne les dimensions du cadre en alu à réaliser.

La suite des opérations est détaillée au chapitre Overhead

   

le rétro-éclairage

Lorsqu'on achète des panneaux tout faits, c'est très simple, on place des LEDs en ruban à environ 30 mm derrière la face avant et tout est éclairé. Il existe également des magnifiques panneaux dont l'éclairage est incorporé dans l'épaisseur de la face avant, comme dans la réalité.

 Quand on fait ses panneaux par soi-même les choses se compliquent.
Sur mon précédent cockpit, j'étais parvenu à une solution satisfaisante, mais tous les panneaux à rétro-éclairer tenaient dans un format A4. Ce n'est pas le cas du A320, dont les panneaux centraux de l'Overhead doivent être imprimés en A3, ce qui oblige à passer par un imprimeur.

résumé des opérations:

On prend une plaque de plexi d'un des VU, les encoches des vis de fixation ( Dzus) sont faites. On commence par peindre à la bombe ou au pistolet toutes les tranches et les encoches des vis: il faut que ce soit opaque à la lumière des LEDs. Mieux vaut ne pas dépasser sur la face extérieure.

 

première étape: un gabarit de perçage

On va utiliser le fichier inversé de la face avant, c'est à dire que les noirs sont blancs et réciproquement. Cette inversion n'a qu'un seul but: économiser l'encre noire. On imprime cette image sur un autocollant, par exemple la référence 130141 de la marque Agipa, disponible chez les fournisseurs de matériel de bureau. Cet autocollant va servir de gabarit pour le perçage des trous ronds et carrés. On va le coller sur le plexi. Tout va bien quand le panneau entre dans un format A4. Par contre, il y a 7 VU sur l'Overhead du A320 qui ne peuvent être imprimés qu'en A3. Comme il n'existe pas à ma connaissance d'autocollant au format A3, il faut se faire un A3 avec deux A4.

 

On tient donc deux feuilles d'autocollant côte à côte, et, sur le côté papier à retirer, on place délicatement une longueur de Scotch. Et rien de l'autre côté, qui va être imprimé. Un tel assemblage passe dans une imprimante A3 sans s'accrocher, heureusement. On imprime l'image noire et blanc en A3 et on laisse sécher.

 

Ensuite, très important, on colle un autre Scotch, sur le côté imprimé, et si possible, on décolle le premier, côté papier de protection. Le deuxième Scotch pourrait être retiré sans dommage pour l'encre, mais il ne gène en rien, car cet autocollant est un gabarit

 

Reste à coller l'autocollant "A3" sur le plexi. Une table lumineuse, simple caisse contenant des tubes fluos genre baladeuse pour chantier, recouverte d'un plexi translucide est indispensable. On tient l'autocollant avec des poids à un bout de la plaque, puis on retire les bandes de protection une à une en lissant avec le doigt au fur et à mesure, en faisant bien attention de ne rien faire bouger et ne pas faire trop de bulles: les traits verticaux doivent en particulier être bien parallèles aux bords.

 

Il ne reste plus qu’à pointer et percer tous les trous, et lorsque c'est fait, on arrache l'autocollant qui ne sert plus à rien, et on enlève les traces de colle à l'essence F.

deuxième étape: superposer les deux couches imprimées

Il s'agit de faire en sorte que les lettres soient parfaitement transparentes et l'espace entre les inscriptions parfaitement opaque, même pour une LED blanche placée très près derrière. Aucune imprimante, ni jet d'encre, ni laser ne permet de faire cela. La solution est d'aller voir un imprimeur, et de lui demander d'imprimer des transparents de rétro-projection. Là aussi, les noirs seront sans doute un peu gris, donc transparents. Dans le cas du 320, on peut s'en contenter, car la couche extérieure du panneau est grise et bloque elle aussi la lumière, mais il faudra faire un essai sur un panneau. Si la lumière passe, il faudra superposer exactement deux transparents de rétro-projection.

Ceci constitue la première couche, qui bloque la lumière en dehors des inscriptions.

 

En même temps que les transparents, on demande à l'imprimeur de tirer un exemplaire du même fichier, mais cette fois en couleurs, sur papier couché de 100 grammes, et à l'imprimante laser. Normalement, ces deux impressions sont parfaitement superposables, mais, comme il s'agit de deux machines différentes, il se peut qu'il y ait une très légère différence de taille entre les deux impressions. Sur les petits panneaux, en A4 ou plus petit, ce n'est pas visible, mais quelques pixels d'écart sur un grand panneau se traduit par des lettres floues. On essaiera donc d'aligner le plus exactement possible les deux feuilles, en commençant par le milieu, et en ajustant au mieux chaque bout. De cette manière, un léger écart passera inaperçu. Il est bien entendu prudent de faire cet essai de superposition chez l'imprimeur, avec le premier tirage, avant de lancer la série.

 

Comment coller ces deux feuilles l'une sur l'autre avec une telle précision ? On utilisera de la colle contact au néoprène, en bombe, genre Scotch Mount.  Mais la colle néoprène ne permet aucun ajustage de position. La manière la plus efficace que j'aie trouvée est la suivante.

 

On découpe le film transparent assez large autour de l'image, avec une bonne marge 2 cm par exemple, puis le papier imprimé, coupé plus court, avec une marge de 1cm, sur au moins un des plus grands côtés.

On prend la table lumineuse et on superpose très exactement les deux feuilles, à sec. On ne bouge plus, et on place délicatement des poids sur les deux feuilles. Rien n'a bougé ? On prépare alors une longueur de Scotch égale au plus grand côté, et on colle le Scotch à cheval sur la petite marge du papier et la grande marge du film, d'où cette différence de largeurs à prévoir. Il vaut mieux coller le Scotch parallèlement à un bord du dessin, mais en faisant bien attention de ne pas le coller sur le dessin, il doit rester sur la marge. Dès lors, si on soulève la feuille imprimée, le Scotch va agir comme une charnière, et si on relâche le papier, il va reprendre exactement sa place, en parfaite superposition, vous pouvez vérifier.

 

Il ne reste plus qu'à ouvrir les deux feuilles comme un livre, enduire rapidement les deux feuilles de colle néoprène attendre entre 5  minutes que les solvants se soient évaporés, puis replacer le tout sur la table lumineuse et appliquer doucement le papier sur le film en lissant à partir de la "charnière" pour ne pas emprisonner de bulle.

 

Et voilà un film noir dessous, gris dessus aux lettres bien alignées. Laissons le tout en l'état, sans recouper les marges.

 

Notons au passage que la feuille extérieure étant imprimée en couleur, on peut très bien reproduire les lignes vertes de certains panneaux, qui resteront vertes en transparence. Si le vert n’était pas assez vert, on peut aussi appliquer avec un petit pinceau à aquarelle, sur l’envers du film flashé, de la peinture pour vitraux, disponible chez les fournisseurs pour peintres et loisirs créatifs. Très efficace.

 

 

troisième étape: coller le film sur le plexi

Le plexi a donc été percé, puis poncé au 500 sur sa face extérieure, pour diffuser la lumière, mais aussi pour éviter toute aspérité, au niveau des perçages. 

 Bien entendu, le film+papier étant bien opaques, on ne peut pas voir la plaque de plexi placée en dessous, il faut donc travailler à l'envers, enduire l’envers du film et le plexi de colle néoprène, mettre le film à l’envers sur la table lumineuse, et placer délicatement le plexi dessus. Il faut bien viser, car on ne pourra pas ajuster, le plus important étant qu’aucun trou (de Korry par exemple) ne vienne empièter sur une inscription. Quand c’est positionné, on remet le plexi à l’endroit et on lisse le tout pour bien appliquer la colle.

On coupe alors les excédents, marges scotchées, etc... au cutter.

Et avec le même petit cutter, on découpe par l'extérieur les trous carrés et les trous ronds, par petits coups, toujours en agissant de l'extérieur vers l'intérieur.

Voila un VU visuellement très proche de l'original.

 

Mais vous avouerez que la technique n'est pas simple, qu'il peut y avoir des ratés, et la face extérieure de votre panneau sera toujours du papier, pas du plexi peint comme dans la réalité. Vous commencerez peut être alors  à penser à la solution des panneaux tout faits...

 

Note :sur les photos de Airliners.net la couleur de rétro-éclairage varie énormément, cela tient au temps d'exposition de la photo. Renseignements pris auprès d'un pilote de A320, le rétro-éclairage est orange clair, mais cela varie avec la luminosité choisie par le pilote. On obtient cette couleur en mettant un filtre devant les LEDs blanches. On peut superposer deux "gélatines" jaune et une orange. La jaune seule donne une dominante verte, l'orange seule donne un rosé, les deux c'est parfait, et cela n'absorbe que très peu de lumière. Les "gélatines" sont des plexis colorés très fins qu'on trouve chez les marchands de matériel de musique (projecteurs de scène). On peut également utiliser de la peinture pour vitrail, comme expliqué au chapitre sur l'Overhead.

remarques:

1°) après l'impression de la face avant grise, on a intérêt à ne pas trop tarder pour la coller sur le film: un papier en format A3 change pas mal de dimensions en fonction de l'humidité de l'air, et on risque d'avoir un petit décalage par rapport au film. Si la feuille imprimée se gondole, on peut passer un coup léger de sèche-cheveux... ou attendre une météo plus clémente.

 

2°) J’ai dit qu’avant de passer commande des transparents et des impressions laser, il est impératif de faire un essai de superposition chez l'imprimeur. En fait, un décalage léger n'est gènant que sur les très grands VU, mais pour les petits il n'y a pas de problème du fait qu'ils sont découpés de leur planche et ajustés sur une petite surface

 

 

3° Les bandes de LEDs: ces bandes de 60 à 300 LEDs blanches doivent être alimentées en 12Volts, les LEDs peuvent être découpées par multiples de trois. Très pratique pour faire un plafond lumineux dans l'Overhead par exemple, qui éclairera tous les VU uniformément. Chercher sur Ali Express avec "LED strip".

 

Les VU faits de la sorte sont très satisfaisants, parfaitement opaques. La face extérieure est assez résistante pour qu'on puisse se passer de vernis pour la protéger, et qui la plupart du temps dissout l'encre.. Reste à ajuster la couleur de fond pour obtenir un vrai RAL 7011, et cela dépend énormément de l'imprimante et du papier utilisé. Pour ma part, avec mon imprimante A4, j'ai les valeurs R=84, V=101 et B=105 pour obtenir du RAL 7011.

 

Le câblage des panneaux, la fixation des "Korry" et interrupteurs, seront abordés au chapitre 16.